Antoine Golea, Revue des deux Mondes

[…] Eva Osinska. Elle est polonaise, et elle habite Paris, comme Chopin jadis. Un editeur lui a fait confiance, et le resultat est une sorte de miracle. Tout y est, et tout ce qui ne doit pas y etre n’y est pas. Un toucher d’une diamantine clarte, mais enveloppe de toutes les couleurs d’un ciel se refractant a travers les gouttes de la pluie; un equilibre rythmique qui resulte de son incessante remise en cause, trouvant tuojours a nouveau la plus heureuse des solutions; une poesie sans declamation, sans ostentation aucune, simple, suave et pure comme un regard limpide et bleu; un chant dont la chaleur demeure secrete comme la sensualite qui ne se devoile que dans la solitude a deux, si souvent revee par un seul: voila ce qu’on y trouve. Et ce qu’on n’y trouve pas? La pretention; la pretention des grands, des celebres, et aussi celle de mediocres pousses par la publicite, montant sur les ergots de leurs certitudes: le Chopin fulminant, le Chopin discursif faussement violent et pathetique, le Chopin casseur de rythmes et de melodies. Mais non, le vrai Chopin, le voici: un poete a l’essentielle elegance, sourant souvent, pleurant parfois, mais detourne des regards.

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